« Je suis battue un jour sur deux par mon mari et maltraitée tous les jours au foyer conjugal », témoigne une femme victime de violences domestiques qui a bien voulu garder l’anonymat.
Elle n’est pas seule, nombreuses femmes en Afrique sont victimes de violences sous toutes ses formes. Si certaines sont agressées physiquement, recevant coups et blessures parfois à des endroits humiliants du corps, d’autres par contre, sont victimes d’abus sexuels, d’insultes et d’injures. « De tous ces cas, le viol et les violences domestiques restent les plus fréquents », affirme Mme Sagno Jeanne, chef de la brigade de l’Office de Protection Genre, Enfance et Mœurs au Commissariat Central de Kaloum. Pour preuve, dit-elle, récemment, une petite fille de 13 ans a été violée sexuellement par un militaire âgé d’une vingtaine d’années. Il faut signaler que ces phénomènes qui prennent de l’ampleur dans la société guinéenne sont des violations des droits fondamentaux de la personne et d’atteinte à sa dignité, rajoute-t-elle.
En plus de la dignité, les violences faites aux femmes provoquent des conséquences graves chez la femme notamment la perte de l’estime de soi, l’humiliation, le rejet par la société ou encore les risques d'infection de l'épidémie du Sida ou d'autres maladies sexuellement transmissibles. Malgré les nombreuses conventions signées par le gouvernement guinéen tant internationales, africaines, régionales que nationales pour la promotion et la protection des femmes notamment la déclaration sur l’élimination de la violence contre les femmes signé le 23 décembre 1993 et tant d’autres, il faut savoir que les résultats sont en deçà des attentes.
Pour preuve, Dr Baldé, chirurgien au Centre Mère et Enfant (CME) indique : " il y a plus de 3 ans, nous avons des femmes violées qui dépendent entièrement de la clinique pour des traitements psychologiques." Il existe partout des violences dans le monde mais, les plus récurrentes en Guinée et partout d’ailleurs, sont celles faites aux femmes pour des raisons sexuelles. Car, il faut savoir que même le domicile conjugal est devenu, un lieu de violence, renchérit-il.
Selon la déclaration des Nations Unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ‘’ ces violences se traduisent par des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes et compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes’’. Toute chose qui est de nos jours combattue par des organisations nationales ainsi qu’internationales pour changer la donne.
Pour Penda Diouf, experte sénégalaise de la lutte contre les violences faites aux femmes « ces violences sont ignobles, ceux qui le font sont ignobles et ils ne doivent être dans l’impunité », affirme-t-elle avec fermeté.
Selon Mme Jeanne, il faut que les femmes prennent courage de porter plainte contre ces hommes qui les violentes pour qu’afin qu’ils sont drainés en justice. Elle a par ailleurs, informé les femmes de l’existence d’un numéro vert initié par le ministère des Affaires Sociales qui, sera très bientôt actifs dans les commissariats centraux de la capitale Conakry.
Pour nombreuses femmes guinéennes, les causes de ces violences sont dues à l’analphabétisme qui touche beaucoup plus les femmes et constituant ainsi, un frein à l’émancipation et à la participation de ces dernières au développement de la nation guinéenne ou encore soit un blocus pour elles d’accéder aux postes de décision.
Une dépêche de Mame Diallo, depuis Conakry pour Guinéenews©, téléphone : 224.64.95.92.48 Guinéenews Canada
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