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Interview: Madame Bangoura M'mah Hady Camara, Présidente de la Délégation spéciale de Kaloum

Nenehawa.com : Madame Bangoura M’MAH Hady Camara, Présidente de la Délégation spéciale de Kaloum « Nous avons un bilan largement positif »Madame Bangoura M’MAH Hady Camara, Présidente de la Délégation spéciale de Kaloum,
qui fait le Maire de ladite est enseignante de profession. Elle a fait ses premières années dans l’enseignement avant d’être promue, Chef de Service Examens au Ministère de l’Enseignement Pré-universitaire et de la formation professionnelle. C’est de cette fonction où elle a exercé pendant 5 ans qu’elle fut nommée Maire de la Commune de Kaloum, au mois de Mars 2011 avec l’avènement du Pr Alpha Condé à la présidence de la République. Notre reporter l’a rencontrée pour recueillir ses sentiments et les projets qu’elle envisage pour le développement socio-économique de sa circonscription.

Nenehawa.com : Quel a été votre parcours avant d’être là aujourd’hui ?

Mme Bangoura M’Mah Hady Camara : Si je parle de mon parcours, ça va être très long. D’abord au niveau de l’Education, ce parcours est très long. Mais je suis enseignante de formation, professeur de Biologie. J’ai enseigné au Collège Château d’eau, dans la commune de Kaloum, pendant 10 ans. Et en 1996, j’ai été primée meilleure enseignante de la ville de Conakry. A l’an 2000, ma Directrice Hadja Djenabou Sampil qui œuvre aussi pour la promotion de la femme guinéenne a dit un jour : « Comme cette femme a été primée meilleure enseignante en 1996, nous allons continuer à la récompenser dans ses efforts ». Elle m’a donc envoyée au Service Examens au Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de la Formation professionnelle comme Chef de Service. Là, j’ai fait 11 ans. C’est de là, le 4 mars 2011 que j’ai été choisie par le Pr Alpha Condé comme Présidente de la Délégation de Kaloum. Depuis cette date, je suis à la tête de la commune de Kaloum.

Quelle était la situation de la commune quand vous êtes venue aux affaires ?

A notre arrivée, nous avons trouvé que la situation était plus ou moins confortable. Seulement, c’est l’administration qui était complètement délaissée et que nous avons essayé de redresser. Les cadres venaient et repartaient à l’heure voulue. C’est cette situation que nous avons trouvée ici. Dieu merci, les choses ont beaucoup changé.

Quelles sont les reformes que vous avez engagées depuis votre arrivée ?

Nous avons engagé beaucoup de reformes au sein de la commune notamment la restructuration de l’administration, l’assainissement de différents quartiers et tant d’autres. Quand vous prenez au niveau de l’administration, les cadres venaient à rang dispersé au travail. Aussi, il n’y avait pas de drapeau guinéen, symbole de notre souveraineté, au mât. Nous avons alors commencé à faire exiger à tous les cadres sans exception, le respect des horaires d’arrivée et de départ à la Mairie. Egalement dans les quartiers, des reformes ont été engagées et mises en application. A ce niveau, nous avions constaté que les chefs des quartiers n’avaient aucune autorité et aucune considération de leur population et nous avons réussi à leur redonner leur autorité ; ils sont maintenant autonomes. Ils viennent chaque fin de mois pour nous déposer leur rapport mensuel sur les activités de leurs quartiers. Et pour tout problème concernant la population, si le chef de quartier n’est pas devant une situation pour informer la Mairie , on ne prend pas la situation à bras-le-corps. Donc, la population est obligée d’aller voir d’abord leur chef de quartier pour que celui-ci vienne nous rendre compte. C’est comme ça que les chefs des quartiers ont recouvré leur autorité face à leur population. C’est donc une des réformes que nous avons réussies à mettre en place et qui a également porté des fruits.

Après 9 mois de gestion, quel bilan faites-vous des réformes que vous avez engagées ?

Moi, je ne peux pas me donner des fleurs. Cette question doit plutôt être posée à la population de Kaloum qui peut donner des appréciations sur ce que nous avons fait comme réformes durant les 9 mois que nous avons passé à la tête de cette commune. C’est elle qui peut donner les qualités et les défauts de notre gestion. Mais si vous me posez la question, je pourrais vous dire que le bilan a été largement positif. Nous avons fait beaucoup de sensibilisation au niveau de la population de Kaloum et le résultat, nous constatons que la population de Kaloum est unie et disciplinée. Et vous avez remarqué que tous les troubles qui se passent ailleurs dans les autres communes de la capitale, ces troubles ne sont pas constatés à Kaloum parce que la sensibilisation que nous avons effectuée a réussi. Nous avons donc réussi à lier le tissu social. Ça, c’est un travail difficile et nous ya avons réussi.

Depuis un certain moment, nous avons remarqué qu’au niveau de votre commune, il y a un grand engouement pour l’assainissement. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est à fait réel. Lorsque nous sommes arrivés à la Direction de cette commune, nous avons trouvé un montant de 212 millions de francs guinéens dans la caisse. Nous nous sommes dits alors qu’il vaut mieux commencer à assainir la ville parce qu’en ce moment elle était très sale. Nous avons acheté tout le matériel d’assainissement, les brouettes, les balaies, les pelles, bref tout ce dont on a besoin pour un bon assainissement. Nous avons ensuite reparti ce matériel dans chaque quartier pour que chaque quartier ou carré entretienne leurs rues. Nous avons recruté les femmes qui font l’assainissement et le nettoyage dans les quartiers. Cela a été un succès. Et tous les dimanches, toute la population se retrouvait dans un quartier donné et on nettoyait complètement le quartier où nous sommes allés et on laissait le quartier propre. Pour le reste, le chef de chaque quartier s’occupe du nettoyage de son quartier avec les femmes que nous avons recrutées.
Mais à notre surprise, nous avons appris un jour à la télévision guinéenne que le Gouvernement a fait un contrat avec un Guinéen, propriétaire de la Société IC Transport et que désormais, c’est lui qui s’occupe de l’assainissement de la ville. Face à cette nouvelle donne, nous nous sommes retrouvés dans des difficultés aujourd’hui avec les femmes que nous avons recrutées pour les payer chaque mois. Maintenant comme elles ne travaillent plus, du fait que la Société IC Transport a signé un contrat avec le Gouvernement, on ne peut plus payer ces femmes. Nous avons pensé que c’est la collectivité à la base qui doit s’occuper de la salubrité de la localité. Aujourd’hui, on se demande qu’est-ce qu’il faut faire pour que ces femmes-là qui ne connaissent que ça, puis ce que c’est devenu leur métier. Et on sait que la femme aime la propreté ; elle ne peut pas voir la saleté dans la ville. C’est donc très difficile pour nous. Actuellement, nous sommes entrain de voir comment trouver d’autres palliatifs pour garotrer niveau

Avez-vous contacté les autorités compétences, en l’occurrence le Gouverneur de la Ville de Conakry pour trouver des solutions pour ces femmes ou au plus haut niveau ?

Nous, notre tutelle de base, c’est le Gouvernorat de la Ville de Conakry. Lorsque nous avons appelé ces femmes qui pleuraient parce qu’elles n’avaient plus le minimum, puisqu’elles ne sont payées qu’à 100.000 GNF par mois, nous les avons envoyées au Gouvernorat. Il faut le dire, lorsque ces femmes ont les 100.000, elles savent ce qu’elles doivent faire avec ça. Nous, nous disons que c’est le minimum, mais pour ces femmes-là, c’est le maximum. Arrivées au Gouvernorat, elles ont posé leur situation avec celles qui sont au SPTD relevant du Gouvernorat. Ensemble, nous nous sommes dit que si nous devons passer le contrat avec IC Transport désormais, il faudrait que nous formions une seule équipe. On ne parlera plus des femmes du SPTD du Gouvernorat ni de celles de la Commune de Kaloum. Nous allons former une seule équipe pour que IC Transport accepte de prendre en charge toutes ces femmes parce que depuis 1993, ces femmes ont commencé à balayer la ville. A cette époque, d’autres se moquaient d’elles. Alors, ce n’est pas parce qu’aujourd’hui il y a une nouvelle Société qu’on va mettre ces femmes à l’écart. Nous allons essayer avec le Gouvernorat pour travailler ensemble avec IC Transport et le Gouvernorat a même pris des contacts cette Société pour que cette Société accepte de prendre en charge ces femmes, mais cette fois-ci en doublant leur salaire à 200.000 GNF. Mais jusqu’à nos jours, nous n’avons pas de suite malgré nos multiples efforts entrepris pour la cause de ces femmes.