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L'HISTOIRE DU FOOTBALL GUINEEN DES ORIGINES A 1984 [2013/1/14]

Daouda Koné Sixeau Ancien footballeur international guinéen.
Docteur en Anthropologie Paris.

Cette histoire du football guinéen est dédiée à tous les footballeurs guinéens décédés : Soumah Soriba Edenté ‘Capitaine', Arsène Campel, Aly Sylla Tostao, Keita Mamadou Aliou Joléa, Thomas Camara, Souleymane Soumah Kaïdo, Smith Samuel, Kerfala Bangoura Képine, Jean pierre Babara Sylla, Soumah Mamadouba Zito, Diané Yayé, N'Famara Camara. Capitaine Cherif Aboubacar de Kindia, Morciré Sylla, Fofana Aboubacar Garincha, Koïta Niamé, Keita Aly Badara Kolev. Diabaté Djelimory Mario, Alseny Camara Hidalgo, Soumah Amara Yamané, Adramé Sylla Gnatoski. Mohamed Sylla Socrates ; Alseny Diaby, Amara Sylla Beken, Ousmane Soumah Platini etc.…..) Ceux qui sont vivants et à toutes celles et ceux qui se sont battus pour l'évolution du football en Guinée.

-Aux Origines Du Ballon

On ne saura jamais quand cette histoire a vraiment commencé. Il semble bien que l'origine du ballon remonte il y a environ 2000 ans ou plus. Toujours est-il que partout en Europe du moyen âge on s'affronte autour d'un ballon, les jeux de balle avaient un caractère populaire et rude .Sans règle écrite basé sur la tradition avec de multiples variantes, ce jeu subit une évolution extrêmement longue, le football moderne qui embrasse le monde entier, est né vers la fin du 19ème siècle.

-Des origines anciennes

A travers le temps et dans plusieurs civilisations, le football a aussi laissé des traces. Certaines sources témoignent que le football se jouait chez les Grecs des temps D'Homère, les Esquimaux, les Japonais, les Chinois devant Confucius, les Egyptiens de l'époque pharaonique, les Assyriens jouaient à un jeu de ballon bien avant notre ère. Une découverte faite par les archéologues à Thèbes où ils découvrent dans les tombeaux des ballons en cuir bourrées de son. Au Japon : un jeu de balle ancestral, moins martial et plus cérémonial qui se développe appelé le Kemari, consistait à se passer et à maintenir le ballon en l'air le plus longtemps possible.

Il faut préciser, la passion des jeux de balle est d'origine ancienne, cette version primitive du football fut adopté par les Romains qui avaient deux sortes de ballons. Par contre les hommes ne jouent pas au ballon pour les mêmes raisons, ni de la même manière, mais ils y jouent, et cette ferveur commune ne peut trouver sa source que dans les rites ancestraux lies à la vie de tous les jours c'est-à-dire que le jeu de la balle était considéré et pratiqué au moyen âge comme un rite magique destiné à pratiquer la fertilité de l'homme, où de la terre. C'est pour cette raison une balle lancée devait être conquis pour être assuré d'une bonne récolte laquelle dépendait du soleil. Le ballon à cette période était un symbole du soleil.

A l'époque le sacrifice des perdants était chez les Olmèques et les Mayas :On trouve des traces d'un jeu de balle à caractère rituel, dit Pok-A-Tok et dès le 2è millénaire avant J-C sur un terrain délimité par des parois inclinés, deux équipes de 7 joueurs s'affrontent afin de toucher ou de faire passer une boule de caoutchouc dans une mince anneau sans utiliser les mains .Des vestiges archéologiques comme celui de Chichen-LTZA au Mexique en témoignent encore aujourd'hui. D'ailleurs les historiens affirment que les premiers ballons furent des têtes d'hommes tués au combat. Aujourd'hui l'engoulement qu'on a pour le ballon rond prend ses racines sous une forme de rite païen.

- Institution occidentale imposée

Le football se mondialise après 1920 il faut reconnaître que c'est le colon qui introduit le football en Afrique et en Asie ce qui explique la précocité de sa pratique dans les possessions britannique. Elle débute dès 1903 en côte de l'or c.à.d. le Ghana. Après 1918 elle se généralise en Egypte au Congo Belge, les premières équipes voient le jour en 1912. Elles sont plus tardives dans les colonies françaises, cependant, le Maghreb est gagné ou cours des années1920. En Ethiopie ce sont les Italiens et les Arméniens qui jouent les premiers en 1924.

Au Congo Belge, les vingt clubs d'Européens ne jouent qu'entre eux. Si la ségrégation est de règle, les instituteurs et surtout les missionnaires laissent jouer les jeunes africains ceux –ci forment des équipes sans connaitre les règles, réveilles les veilles rivalités sur le terrain de football. Puis les fédérations indigènes naissent et organisent leur championnat propre. C'est dans cet ordre d'idées Ahmed Bessol lahouari explique que L'Afrique est de longue date, une vieille terre de football, les premiers accès de la fièvre de ballon rond remonte au XIXe siècle. Le premier match international entre une équipe africaine et une formation européenne oppose en 1886, les soldats britanniques du régiment du North-Staffordshire à une sélection Soudanaise. Le premier club né en terre africaine est le club Joyeusetés ‘CDJ' il voit le jour à Oran (Algérie) en 1884.Il fait des émules à foison : Al-Ahly (Egypte) en 1907 ; le Hearts Of OAK du Ghana (1911). L'Espérance Tunis (1919) La jeanne D'arc de Dakar, Le Mouloudia D'Alger, et le club sportif de Constantine (1912). Le Manning Rangers de Durban (1928) et les Orlando Pirates(1937) eux aussi Sud-Africains. Le Canon de Yaoundé (1930), Saint Louis de Dakar (1933), le Stade D'Abidjan (1936). Il faut souligner que L'Egypte s'était qualifiée pour la phase finale des jeux Olympique en 1935. Le Ghana jouait son championnat avec plusieurs équipes 1912. A cette même période L'université de Forabay collège en Sierra-Léone la plus vieille de L'Afrique Noire était en avance sur le football.

. La découverte du football par les Guinéens

Il semblerait que le ballon rond fait son apparition en Guinée vers les années 1927-1928, bien après que la majeure partie des pays d'Afrique de l'Ouest. D'aucuns disent que c'est la Mission Catholique qui a introduit le ballon rond en Guinée ; pour d'autres ce sont les marins français dont les navires mouillaient souvent dans le port de Conakry, en attendant le chargement de leurs bateaux, pour passer le temps les marins français jouaient au football contre les dockers de Conakry soit sur un coin du port, ou sur le pont des navires. Cette hypothèse est la plus probable.

Conakry connaîtra la nomination le 20 Avril 1920 de monseigneur Lerouge Vicaire apostolique et évêque titulaire. Il deviendra le père spirituel du football en Guinée ; grâce à lui que les frères BAO de l'archevêché de Conakry s'intéressent à la promotion du football, relayé quelque part, par un curé le père ROY un curé très actif, qui quelques années plus tard devait prendre la destinée du football Guinéen. Le père ROY eut le mérite de diriger le premier district de football affilié à la fédération française de football à travers la ligue d'A.O.F. Le père ROY serait remplacé après son voyage de la Guinée, par Me Albert Kourouma qui prendra le poste de président du district de Conakry jusqu'en 1958. Le ballon rond se joue sur toute la surface en Guinée, au bord de la mer, depuis les terrains vagues, poussiéreux et parfois très accidentés des villages les plus reculés.

On joue avec une technique limitée ou rudimentaire, sans connaitre les règles n'était nullement un obstacle à la pratique du football. Peu importe la longueur ou la largeur du terrain et la dimension des poteaux.

Il faut dire aussi que les règles n'étaient pas comprises par les sportifs et les supporters de Conakry et des villages. Dans les années 1930 les matches amicaux étaient organisés entre les équipes par manque de maîtrise des règles du jeu, la plupart des rencontres se terminaient en queue de poisson. A Conakry jamais une rencontre ne se déroulait sans incident et il n'était point rare d'assister à des rixes de femmes en plein marché, ou aux bornes fontaines, simplement pas ce que la victoire avait souri la veille à l'une ou à l'autre équipe. Les chants de provocations faisaient leur train et la police ne chômait guère en ce moment. Le sport devient également le miroir des divisions sociales et politiques. Enfin, les équipes symbolisaient les univers culturels et sociaux de différentes catégories de spectateurs. Il faut souligner on réveillait les vieilles rivalités tribales et on se tapait dessus après les matches. En 1931 un comité de sport dirigé par les Européens fut mis sur pied. Ce comité avait son bureau à L'U.A.S.T un club omnisports dont le siège se trouvait à l'emplacement actuel du ministère du plan. Les premiers dirigeants de ce comité avaient pour noms FERRACCI et BURKI, les derniers dirigeants étaient CATALA et GAILLE. Le sport est encore perçu dans les années 1920 et 1930 comme une forme de culture étrangère dont on a du mal à anticiper les effets. En 1947 ce comité cessera de fonctionner au profit du district du football qui venait d'être crée.

En examinant la typologie des premières équipes de football formées à Conakry, en effet, la première équipe de football s'appelait la JEANNE-DARC crée en 1929.Elle était composée à l'époque de joueurs exclusivement chrétiens plus tard, elle est devenue mixte, en admettant dans ses rangs de footballeurs musulmans.

La seconde équipe s'appelait AIGLE NOIR crée en 1929 était composée de Sierra-Léonais et de Sénégalais son premier président serait Soriba Touré. En 1930 la troisième équipe vit le jour, elle prit le nom D'ETOILE DE GUINEE ses fondateurs étaient tous des Guinéens. Amara Soumah l'un des fondateurs devient le président.

Les présidents Soriba Touré de l'Aigle et Amara Soumah de L'Etoile passèrent le tablier à Oumar Koumbassa élu premier président du Racing Club de Guinée pour apaiser un climat social très tendu entre les populations. Ce grand club Guinéen a eu deux fois la coupe d'A.O.F.

Il y'a eu plusieurs autres clubs qui ont existés mais le plus remarquable fuit : la société sportive de Guinée (S.S.G), cette équipe est créé en 1945 communément appelé MAMAYA, son président fondateur Moustapha Camara. Il faut souligner que cette équipe d'étudiants de l'école professionnelle Georges Poiret, et de l'école primaire supérieure (E.P.S). Mamaya est devenu un club très redoutable, et deuxième club guinéen avant l'indépendance. Elle participe deux fois à la coupe D'A.O.F. Les vedettes de cette équipe étaient Yoro Diarra et Boukhary Yansané.

- Le football Guinéen après l'indépendance

La Guinée, comme l'ensemble des territoires du continent africain, a connu la domination coloniale et elle en a ressenti durant plus d'un demi –siècle, les divers effets .C'est à partir de 1946 que les territoires sous domination française ont commencé à s'organiser politiquement pour la reconquête de leur unité sur la base de leur aspiration nationale.

En 1958, la Guinée entre de plein pied dans le concert des nations indépendantes grâce à son non historique au referendum du Général De Gaule.

Par voie de conséquence, le district de football de la Guinée se transforme en fédération Nationale de football affiliée à la FIFA. La Guinée indépendante avait adoptée pour le socialisme, donc l'organisation du sport découle de l'organisation politique du parti .Les hommes politiques considèrent le sport comme un outil pédagogique capable d'inculque le patriotisme aux populations.

Les nouveaux dirigeants politiques s'appliquèrent à démanteler le mouvement sportif fédéral établi durant la période coloniale .En Mars 1959, le nouveau gouvernement guinéen dissous tous les clubs de football sur l'ensemble du territoire et aussi les associations et les organisations de jeunesse. Le nouvel Etat réorganise le sport au niveau des seuls organismes de base, sous–sections et les comités de villages constituent la future vision politique pour l'avenir du pays.

Le gouvernement confie l'organisation des nouveaux clubs, et aussi la mise en place d'un championnat nationale et aussi d'une coupe nationale à certaines personnalités compétentes du sport. Tels que Yoro Diarra et Sékou Soumah et N'Famara Camara, qui deviendra en 1961 le premier président de la fédération guinéenne de football. Pour les nouveaux responsables, il était exclu de faire revivre les noms des clubs, les couleurs des maillots, et même les sigles. A l'intérieur de chaque ville de la Guinée un club de football était autorisé. Les supporters nostalgiques des anciens clubs coloniaux n'ayant plus de repères avec la nouvelle structure politique de sport boudèrent les stades pendant très longtemps.


-Le championnat National

C'est en 1966 que le championnat commence en Guinée. L'équipe de Conakry 2 qui deviendra le Hafia Football club terme Arabe synonyme de santé et de vigueur, ce terme a été proposé à la fédération par Me Sayon. Le Hafia f, club remportera en 1966, 1967, et 1968. En effet Conakry I reprend le flambeau en 1969 et 1970, l'équipe se structure et change de nom en Kaloum star puis en A S Kaloum. De 1971 à 1979 le Hafia deviendra champion de Guinée.

En 1963 la Guinée possédait deux équipes Nationales de football A et B, une équipe de titulaires et une équipe de réservistes qui étaient constamment à l'extérieur pour se former notamment dans les pays de L'EST (Hongrie, Bulgarie, Pologne, Russie et la Tchèque Slovaquie etc...)

L'équipe A : était composée de Daki M'Bor le capitaine, Bafodé Sakho Tiany Camara Latige, Aboubacar Baratte Camara Jeannot 2e Capitaine, Djéli Mory Dioubaté Mario, Morlaye Camara, Naby Dynamite Camara, Souleymane Sylla petit Souley, Pierre Bangoura Pita, Ibrahima Fofana Garincha, Soumah Aly Richelieu, Aly Coréen Bangoura, Ibrahima Kandia Diallo Antoni.

L'équipe B : était composée de Mohamed Gnatoxi Sampil Capitaine, El Oumar Camara, Mamadouba N'Dongo Camara, Mamadouba Zito Camara, Papa Doki, Pablo Aly Touré, Vieux le Gool Youssouf Sylla, Sékou Condé Dias le bondissant, N'Daw Souleymane, Alphonse Bangoura.

Après le départ de l'entraineur Hongrois Zacarias, cette équipe B ne se renouvelait plus, et a fini par disparaître au sein de l'équipe titulaire A. Les années 1968 la crise de renouvellement devenait difficile et l'équipe devenait vieillissante. Le gouvernement décide de débaucher des étudiants footballeurs en Allemagne comme Chérif Souleymane, Diané Yayé, Souleymane Aribot pour sauver la face et préparer les jeux Olympiques de Mexico.

- Le Sport Au Service du Politique

Le 22 novembre 1970, la Guinée fut agressée par des mercenaires et d'opposants politiques guinéens venus de l'extérieur. La réaction du président Amed Sékou Touré, et le peuple de Guinée furent violente. La république de Côte d'Ivoire et la république du Sénégal se voient accusés, ainsi que le Portugal et la France de complots permanents. La Guinée se referme sur elle-même, les frontières renforcées et bloqués par les militaires, les contrôles de papiers se faisaient systématiquement à l'intérieur par les miliciens. Les guinéens n'avaient plus grands choses à faire comme activité, ils vont se retournés au football sans vraiment connaitre les règles. Cette période était l'appropriation du football par l'Etat, le sport devient en ce moment un appareil idéologique, puis un facteur de cohésion sociale en Guinée. La Révolution porte peu d'importance aux autres sports qui tomberont en désuétude.

En 1970 Monsieur Abdoulaye Portos Diallo a été nommé Ministre de la Jeunesse des Arts et des sports, juriste et diplômé de science politique de Paris, Jeune Ministre de 31 ans me semble bien relance cette histoire de relève du football Guinéen en créant les espoirs de Guinée composée de 22 jeunes footballeurs envoyer en Europe de l'Est :la Hongrie et la Bulgarie .Cette initiative du jeune ministre plein d'ambition que la Guinée a remportée toutes les coupes avec le Hafia et avec le Horoya ,grâce aux joueurs des espoirs de Guinée. Nous rendons ici un hommage fraternel à Maître Portos Diallo. Après lui, aucun autre ministre des sports n'a fait mieux. Voici la liste des 22 footballeurs:

Sidi Yaya Touré, Bangaly Condé, Abdoul Karim Camara Dias, Abdoulaye Bernard Sylla, Sékou Traoré Colmar, Aly Bangoura Altafini, Momo Bangoura Bossé, Diallo Mouctar Pounthioun, Ibrahima Kaloko Borges, Souleymane Soumah Kaïdo, Koné Daouda Sixeau, Alseny Soumah Karli, Thomas Camara ‘'Capitaine'', Ismaël Sylla Eusebio, Ibrahima Kounta Diawara, Ansoumane Diakité Djolé, Fodé Sankhon Marcello, Bangaly Sylla ‘'petit Bangaly'', Mamadou Aliou Keita Joléa, Naby Laye Camara ‘'Papa Camara' 'Ousmane Bangoura Mané, Aboubacar Bangoura Bruno.

Monsieur Bah Mamadou Directeur des sports et Me Chérif Aboubacar chef protocole du Gouvernorat de Kindia.et l'entraineur Hongrois Séfoldi.

Photo prise en Hongrie 1971

- Le sport, phénomène universel ou Néocolonialisme

P. Arnaud et G. Broyer indiquent en s'imposant progressivement comme la seule pratique légitime parce que symbole de la « civilisation » et du « progrès », le sport contamine et pervertit nombre de pays en voie de développement et leur interdit toute possibilité d'affirmer leur identité culturelle. Dans cette logique on comprend bien la politique d'éducation de la jeunesse à travers le sport, pour défendre l'intérêt de la Nation.

On constate dans les discours officiels, les responsables politiques multipliaient les comparaisons entre la gestuelle sportive et les actes nécessaires à l'édification du pays. Au stade du 28 septembre on s'aperçoit les passions mauvaises, le chauvinisme, le racisme aiguisé par l'importance sans cesse accrue accordée aux succès sportifs qui s'emparent des foules et leur fait valoir à tout prix la victoire de leur champion ou de leur équipe. Dans le climat ainsi crée, joueurs et spectateurs oublient parfois les règles du jeu du football. Alors, le sport au lieu de contribuer à la compréhension entre les peuples et les nations devient facteur de discorde de conflit. C'est en partant de là que le sport devient en ce moment en Guinée comme un jeu et enjeu politique.

-Jeu et enjeu politique

Le nouveau champ de bataille politique va naître en Guinée. Le phénomène sport et vie politique se trouvent liés de manière plus ou moins directe.

Cette attitude paradoxale ne s'explique que par le rôle accordé désormais au sport dans la construction et la reconnaissance internationale des jeunes Nations. Ils devinrent au lendemain des indépendances un outil politique de premier ordre que les différents gouvernements entendaient contrôler. En Guinée le sport avait une profonde valeur politique, l'objectif était de crée un nouveau type de sportif, qui aurait la possibilité de défendre un idéal. Le football donne aux responsables politiques des moyens d'atteindre leurs buts.

Le président Thomas Sankaran ne disait-il pas que le sport sert toujours nécessairement une cause : il est bon que le sport serve la cause juste du peuple. Le sport est un puissant moyen de mise en condition politique, et l'on peut tout parfaitement lui appliquer la dénomination d'opium du peuple. Le président Thomas Sankaran pense qu'on peut utiliser le sport comme un moyen pour voiler à tout un peuple ses réalités. On préfère le canaliser vers les stades où il déchaine sa passion et oublier les réalités. Cela veut dire que le sport peut être utilisé politiquement pour asservir un peuple, pour aliéner tout un peuple et cela se fait.

Le Hafia club est triple champion d'Afrique des clubs champion en 1972, 1975, et 1977 un record de participation d'autant plus remarquable, finaliste le 18 décembre 1976 contre le Mouloudia d'Alger, après cette finale ratée, et privée le peuple de guinée d'une coupe d'Afrique était considéré comme une trahison. Certains joueurs seront exclus du Hafia et du Syli, Bernard Sylla et Joléa font les frais, ainsi que le ministre de la jeunesse et des sports, et quelques membres de la fédération guinéenne de football. Petre Mondolviane entraineur du Hafia rentre dans son pays d'origine la Roumanie. Après les finales jouées et remportées par le Hafia F. Club, la Confédération Africaine de Football a récompensé les footballeurs d'une médaille d'or, cette médaille d'or leur a été ensuite retirée par la Révolution ainsi que celle d'argent de la finale perdue par le Syli National contre le Maroc. Il en sera de même pour le ballon d'or reçu par Chérif Souleymane en 1972. Que sont devenues ces médailles aujourd'hui ?

Les exigences de la Révolution sont inacceptables, les efforts sont toujours demander pour atteindre les objectifs fixés par l'Etat. Les footballeurs guinéens étaient fatigués et vieillissants, ils sont sur deux fronts avec le Syli et le Hafia. On avait oublié de préparer la relève comme l'avait fait le Ministre Diallo Portos, et introduire de nouvelles infrastructures sportives dans toutes les préfectures de la Guinée. Les muscles des footballeurs ne suivent plus, les efforts et la récupération devient difficile. L'équipe ne possède pas de kinésithérapeute, beaucoup de footballeurs blesser font recours aux guérisseurs traditionnels féticheurs, ou sorciers. L'état évite d'envoyer des footballeurs à l'étranger pour ne pas favorisé les fuites. A Conakry il était difficile aux footballeurs de se trouvés en dehors des kilomètres 36, sans être contrôler ou inquiétés.

En septembre 1980 on apprend la dissolution du Hafia et du Horoya par le gouvernement, Quelques temps avant, l'équipe guinéenne fut éliminée en huitième de finale de la coupe d'Afrique par l'Etoile du Congo. En Décembre 1980 la Révolution réhabilite le Hafia et le Horoya pour les compétions africaines. Sur le plan politique les deux équipes ne fournissent plus de résultats, il est probable que des saboteurs se trouvent parmi les footballeurs, dont- il faut surveiller. L'équipe voyage toujours avec un inspecteur de police, comme membre de la délégation. Avant, le voyage allée comme retour une fois les formalités d'embarquements terminées tous les passeports sont récupères. Les footballeurs qui ont compris les exigences et les ambitions affirmées de la Révolution sont désormais hors portée ont préféré arrêter leur carrière, et continuer leurs études ou de fuir le pays.

-Ont arrêté leur carrière : Kaloko Ibrahima Borges, Mouctar Diallo Pounthioun, Alseny Karli, Fodé Sankhon Marcello, Sékou Traoré Colmar, Soumah Kaïdo, Karim Dias, Momo Bangoura Bossé, Thomas Camara 'Capitaine', Diakité Djolé Ansoumane, Sankhon Marcello Fodé.

-Ont fui de la Guinée : Sixeau Koné, pour le Sporting club de Gagnoa Côte D'ivoire, Ousmane Bangoura Mané pour la Côte D'ivoire dans l'équipe de L'Africa sport, Ismaël Eusebio Sylla en Côte d'ivoire, dans Africa sport, Diané Yayé entraineur au Sporting club de Gagnoa Côte d'Ivoire. Sylla Aly Badara Kolev ira en Sierra Léone comme entraineur joueur. Seydouba Bangoura se retrouvera au Gabon au FC 105 de Libreville. Sandi –Pé –Bernard ira en Côte D'ivoire. Aboubacar Kanté journaliste ira en Côte d'Ivoire. Sidi Yaya Touré au stade D'Abidjan. Facinet Bosique a L'Asec d'Abidjan, puis au FC105 du Gabon, Sam Touré vedette de l'Africa D'Abidjan, Abraham Camara un des espoirs du football guinéen ira au Gabon au F.C 105. Tiany Touré Asec D'Abidjan le bourreau du Hafia. Suivra après l'ancien capitaine du syli Morlaye Mazo Soumah au FC 105 de Libreville

- Arrestations

La machine Révolutionnaire accusait et broyait tout sur son chemin, il faut des coupables pour le manque de résultats.

-Maître Naby Camara : cadre, directeur technique National, monsieur propre du football guinéen, entraineur est mis en prison dans le fameux camp Boiro pour neuf mois.

-Petit Sory grand footballeur, que les grands clubs du monde voulaient enrouler, Botafogo, Sao–polo du Brésil et des grands clubs européens ne cachaient plus leurs intentions de récupérer ce footballeur pétrie de génie. Il fut mis en prison pour tentative de fuite, il ira en prison pour neuf mois au camp Boiro.


-Chérif Souleymane : Ballon d'or Africain 1972, avait raté plusieurs fois la prison dans coup d'état Kaman Diaby et Fodéba Keita pour trahison .Mais l'équipe avait besoin de ses services, lui aurait sauvé sa tête. Son ancien club allemand demande officiellement la Guinée d'incorporer leur ancienne vedette, fut un prétexte pour arrêter ce footballeur et mise en prison au camp Boiro, puis libérer.

-Bernard Sylla : grand portier guinéen triple champion d'Afrique, après la débâcle contre le Mouloudia, il ira directement se confesser et méditer en prison.

- Keita Mamadou Aliou Joléa : grand buteur du foot guinéen ira en prison après avoir raté un penalty contre le Mouloudia .Aujourd'hui décédé dans un chagrin, et de pauvreté.

-_Koïta Niamé : qui voulait rejoindre les autres footballeurs en Côte D'ivoire c'est fait arrêter à la frontière et déférer dans la capitale en prison.

-Sylla Ismaël Eusebio : en fuite en Côte D'ivoire, sa femme accouche d'un garçon à Conakry le jour du baptême le comité Révolutionnaire annule le baptême. Grâce à l'intervention énergique de Chérif Souleymane le baptême a eu lieu et cet enfant porte le nom de Chérif Souleymane.

-Souleymane Aribot ; ancien footballeur, gardien de but de l'étoile de Guinée est resté malheureusement au camp Boiro pour des raisons politiques.

-Camara Mamadouba MC vedette de football au Racing club de Guinée emprisonné pour des raisons politiques à sa sortie affaiblie il mourra dans sa famille.

- Yoro Diarra grand avant-centre de Mamaya. Après l'indépendance il sera nommé Ambassadeur de guinée dans plusieurs pays. Rappeler à Conakry pour consultation, arrêter et mis en prison sans raisons le jeudi 29 juillet 1971. Mort en prison.

-Kaba Noumouké : directeur de contre-plaqué, responsable emblématique du Hafia fut aussi arrêté, il finit sa vie en prison. Son fils Mory Kaba latérale gauche très bon footballeur plein d'avenir à cette période, arrête sa carrière pour continuer ses études.il serait devenu ministre dans le gouvernement passé.

- Camara Lamine Capi de l'équipe de Kankan grand sportif ira séjournée en prison. Il serait après Ambassadeur, puis ministre dans l'ancien régime.

-Monsieur Abdoulaye Portos Diallo ministre de la jeunesse des Arts et des sports ira en prison pour longtemps pour des raisons politiques.

*Que sont-ils devenus les anciens Footballeurs : Aujourd'hui beaucoup sont décédés.

*Une bonne partie sont gravement malade ou en état de convalescences : Maxime Camara, Amara pelé Touré, Mory Koné actuellement évacuer sur le Maroc, Youssouf Jansky, petit Bangaly etc…

*Le reste soit au chômage, à la retraite ou en activité.

-La seconde révolution sportive date du mois d'avril 1984 contrairement au laxisme manifesté par les dirigeants en Mars 1959, le changement politique en Guinée entraine la privatisation des clubs de football dans quelle condition ? L'improvisation demeurait le caractère dominant, on à mal négocier la privatisation, sans base solide. Actuellement on vit une situation de blocage, qui gêne l'épanouissement du sport en Guinée. Cette période à été un gâchis pour le football Guinéen, tous les jeunes footballeurs qui accédaient au syli National, les parents les poussaient, ou des faux agents blancs les recrutaient sans garanties. Les 99% échouaient à cause du climat froid, ou d'une condition physique médiocre, souvent un niveau faible, ont les retrouvent sans papier, sans club de foot, sans famille et même clochards dans les rues de Paris, en Belgique dans les matongués ou en Hollande. Les souhaits de tous les spécialistes aujourd'hui c'est une politique qui tend à asseoir l'infrastructure sportive dans toutes les préfectures du pays. Une vraie politique sportive qui tient compte des enjeux du moment tout en définissant des objectifs clairs et les moyens nécessaires à l'épanouissement du sport en Guinée. Il est temps de convoquer les états généraux du football pour amorcer la relance des sports dans notre pays.

Il faut crée une équipe Nationale sur place de 28 jours et les formés, en faisant des stages et matches amicaux, les renforcer de temps en temps d'éléments venant de l'étrangers ce qui permettra d'avoir une cohésion et de l'automatisme, nous aurions la chance de crée autour de cette équipe une véritable machine à gagner. Il faut en ce moment que la fédération guinéenne de football mette en place une politique qui permettra de fixer très longtemps ses jeunes talents au pays avant de s'expatries à l'étranger dans les bonnes conditions. Il faut que la presse nationale participe au renouveau du football Guinéen en sa manière.

Notre souhait actuel, est que le Ministre de la jeunesse et des sports donne un coup de pied dans le foin, et donner une chance aux spécialistes et aux compétences de s'exprimer dans ce domaine pour l'avenir du sport en Guinée.



Par : Daouda Koné Sixeau























 
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